Les mythes sur les règles peuvent sembler inoffensifs – vieilles histoires, blagues gênantes, croyances dépassées – mais leur impact est réel.
Imaginez avoir 12 ans, avoir vos premières règles et croire que quelque chose ne va pas avec votre corps. Imaginez manquer l'école parce que vous êtes trop gênée pour demander une serviette hygiénique. Imaginez grandir en entendant que les règles sont sales, honteuses ou quelque chose à cacher.
Pour des millions de personnes, ce n'est pas de l'imagination. C'est la réalité.
Même si les menstruations sont un processus biologique normal, les mythes sur les règles sont encore partout. Ils apparaissent dans les salles de classe, dans les médias, sur les lieux de travail, dans les traditions culturelles et même dans la manière dont les produits menstruels sont commercialisés. Ces mythes ne se contentent pas de répandre de la désinformation, ils créent de la honte.
Et la honte a des conséquences.
Selon l'UNICEF, plus de 2 milliards de personnes ont leurs règles dans le monde, pourtant la stigmatisation et la désinformation empêchent encore beaucoup d'entre elles de gérer leurs règles avec dignité. Le manque d'éducation autour des menstruations peut entraîner des absences scolaires, de mauvais résultats en matière de santé et un sentiment de gêne face à une fonction corporelle naturelle.
Si nous voulons une équité menstruelle, de meilleurs résultats en matière de santé et moins de honte, nous devons remettre en question les croyances qui freinent les gens.
Déconstruisons quelques-uns des mythes les plus courants sur les règles, pourquoi ils existent, et pourquoi les laisser incontestés cause un réel préjudice.
Mythe n°1 : Les règles sont sales
C'est l'un des mythes les plus anciens et les plus destructeurs sur les règles.
L'idée que les menstruations sont « sales » apparaît dans de nombreuses cultures et religions. Les personnes qui ont leurs règles peuvent se voir dire qu'elles ne peuvent pas entrer dans certains lieux, préparer de la nourriture ou participer à des activités normales pendant leurs règles.
Mais médicalement parlant, les menstruations ne sont pas sales du tout.
Le sang menstruel est composé de sang, de tissus et de mucus — c'est simplement l'utérus qui élimine sa muqueuse dans le cadre d'un cycle sain.
Alors pourquoi ce mythe persiste-t-il ?
De nombreux spécialistes attribuent cette croyance à un malaise historique autour du sang et des fluides corporels, associé à des systèmes patriarcaux qui traitaient le corps des femmes comme impur ou mystérieux. Des recherches publiées par la U.S. National Library of Medicine expliquent que la stigmatisation menstruelle a longtemps été renforcée par des messages culturels qui présentent les menstruations comme quelque chose « d'impur » et qu'il faut cacher.
Lorsque les gens grandissent en croyant que les règles sont sales, ils peuvent avoir honte de leur propre corps. Cette honte peut entraîner le secret, le silence et la réticence à demander de l'aide.
Mythe n°2 : Les douleurs menstruelles, ça fait partie du quotidien
Un autre mythe courant sur les règles est que les douleurs menstruelles intenses sont « normales ».
Bien que de légères crampes puissent être une partie normale des menstruations, une douleur débilitante n'est pas quelque chose que les gens devraient simplement accepter.
Des règles douloureuses peuvent être le signe de maladies telles que :
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l'adénomyose
Lorsque la société normalise les douleurs menstruelles intenses, les personnes tardent à chercher un traitement. Des études montrent qu'il peut falloir des années pour diagnostiquer des maladies comme l'endométriose, souvent parce que la douleur est minimisée.
Ce mythe existe parce que la douleur des femmes a toujours été minimisée en médecine. Les symptômes liés aux menstruations ont souvent été traités comme des exagérations ou des plaintes émotionnelles plutôt que comme des problèmes médicaux légitimes.
Le résultat ? Beaucoup de gens souffrent en silence.
Croire que la douleur fait « juste partie du fait d'être une femme » empêche les gens d'obtenir les soins dont ils ont besoin.
Mythe n°3 : Les règles doivent être cachées
Pourquoi les gens sont-ils censés cacher les tampons dans leurs manches ? Pourquoi les publicités pour les produits menstruels sont-elles toujours remplies de chuchotements et de liquide bleu ?
Parce que l'un des mythes les plus tenaces sur les règles est que les menstruations doivent rester invisibles.
Cette croyance est ancrée dans la façon dont la société parle des règles : discrètement, indirectement, et souvent avec embarras.
Des recherches sur la stigmatisation menstruelle montrent que les personnes qui ont leurs règles sont souvent incitées à cacher tous les signes de leurs menstruations — produits, symptômes, même la conversation — parce que les règles visibles sont considérées comme embarrassantes.
Cette pression pour cacher crée de l'anxiété et renforce l'idée qu'il est inapproprié de parler des règles.
Et quand on ne parle pas des règles, la désinformation se propage.
Mythe n°4 : Les menstruations sont une « affaire de femmes »
L'un des mythes les plus restrictifs sur les règles est que les règles ne concernent que ceux qui les ont.
Mais les menstruations affectent tout le monde.
Elles affectent :
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la fréquentation scolaire
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l'équité au travail
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la santé publique
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les finances familiales
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le bien-être communautaire
Lorsque les menstruations sont traitées comme une « affaire privée de femmes », la responsabilité du soutien est reportée sur les individus au lieu des systèmes.
C'est en partie pourquoi la précarité menstruelle reste un problème majeur. Selon ONU Femmes, des millions de personnes ne peuvent pas se permettre d'acheter des produits menstruels ou d'accéder aux installations nécessaires pour gérer leurs règles en toute sécurité.
Lorsque nous traitons les menstruations comme un problème social – et pas seulement personnel – nous ouvrons la voie à de réels changements.
Mythe n°5 : La honte menstruelle est inoffensive
Les gens pensent souvent que les blagues sur les règles ou la gêne ne sont « pas un gros problème ».
Mais c'est l'un des mythes les plus dangereux sur les règles.
La honte affecte le comportement.
L'UNICEF rapporte que la stigmatisation autour des menstruations pousse de nombreux jeunes à manquer l'école et à éviter les activités pendant leurs règles.
Cela signifie que la honte menstruelle peut avoir un impact sur :
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l'éducation
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la confiance en soi
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les opportunités économiques
Lorsque les gens se sentent gênés par les menstruations, ils peuvent éviter de demander des produits, cacher leurs symptômes ou croire qu'ils doivent tolérer l'inconfort.
La honte change ce que les gens croient mériter.
Et ce n'est jamais inoffensif.
Pourquoi ces mythes sur les règles persistent-ils ?
Si la science nous dit que les règles sont normales, pourquoi les mythes sur les règles persistent-ils ?
Parce que les mythes survivent quand le silence les protège.
Ces croyances sont transmises par :
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les habitudes familiales
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les traditions culturelles
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les messages médiatiques
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le manque d'éducation
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la stigmatisation liée au genre
Lorsque les menstruations sont traitées comme un tabou, les mythes comblent le silence.
L'UNICEF note que de nombreux jeunes commencent leurs menstruations sans informations complètes ou précises, ce qui crée de la peur et de la confusion dès le début.
Et une fois que la honte est associée à quelque chose, il devient plus difficile de remettre en question les croyances qui l'entourent.
C'est pourquoi l'éducation est si importante pour la justice menstruelle.
Briser les mythes sur les règles commence par de meilleures conversations
Briser les mythes sur les règles ne nécessite pas un grand moment. Cela commence par de petits changements :
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enseigner des informations précises aux enfants dès le plus jeune âge
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rendre les produits menstruels visibles et accessibles
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parler ouvertement des symptômes
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remettre en question les croyances nuisibles
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concevoir des systèmes qui soutiennent la santé menstruelle
Chaque conversation honnête aide à remplacer la honte par la compréhension.
Parce que les règles ne sont pas sales.
Elles ne sont pas embarrassantes.
Elles ne sont pas quelque chose à cacher.
Plus nous parlons ouvertement des menstruations, moins ces mythes ont de pouvoir.
Et moins les mythes ont de pouvoir, plus les gens peuvent vivre leurs règles avec dignité.
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Sources :
https://www.unicef.org/press-releases/fast-facts-nine-things-you-didnt-know-about-menstruation
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK565611/
https://www.unicef.org/press-releases/fast-facts-nine-things-you-didnt-know-about-menstruation